Plongée dans mon didan

Jour 3 du confinement total – jeudi 19 mars

Je n’ai écrit ni lundi, ni mardi, ni hier. J’étais occupée à organiser mon confinement et à réfléchir à un avenir incertain. Mais, j’ai tout de même des choses à dire de ces jours-là, que je vais essayer de résumer.

Lundi soir, 20 heures, sans surprise, le Président de la République annonce que nous rentrerons en confinement total demain à midi. Du moins, il n’a pas employé le terme de « confinement total », mais sa définition. Oui, il a expliqué que nos déplacements seraient désormais réduits au stricte nécessaire : pour aller faire des courses ou pour aller travailler si le télétravail n’était pas possible. Il a ajouté que l’on pourrait sortir faire un peu d’activité physique, en précisant toutefois que nous devrons le faire seul.e, sans ramener de monde avec nous. En bref, nos libertés seraient strictement réduites. Mais, le gouvernement et lui le savaient depuis un moment que nous serions passés à cette phase de confinement dit total, ils ont juste séquencé leur annonce pour que la pilule passe mieux. D’abord, ils ont annoncé la fermeture des écoles jeudi dernier pour ce lundi, puis la fermeture des commerces non-essentiels a été annoncée le lendemain, le vendredi 13 mars, ces consignes devraient alors s’appliquer à partir du dimanche 15 mars, minuit. Puis, ils ont fait mine d’être surpris de constater que, samedi, les gens n’ont pas respectés les consignes et ne faisaient pas preuve de bon sens même si les consignes devraient être effectives le lendemain. Mais, finalement, ça les arrangeait bien puisque cela ne pouvait que servir leur discours. Oui, grâce au fait que les terrasses et les parcs étaient noirs de monde samedi soir, Macron a pu dire lors de son allocation, si nous résumons grossièrement « regardez ce que vous nous forcé à faire, si vous étiez restés chez vous samedi soir, on n’en serait pas là ! ». Cela était de toute évidence faux puisqu’ils l’auraient fait, dans tous les cas.

Hier mercredi 18 mars, je regardai à la fenêtre de ma cuisine et je me demandai par où elle était la Martinique, par où je devais regarder pour voir chez moi. Je ne le savais pas. De toutes les façons je n’avais aucun sens de l’orientation – le Nord, le Sud, l’Ouest et l’Est avaient toujours été et demeuraient des notions abstraites pour moi –. Et puis, même si j’avais su par où regarder, je ne verrais rien, que du béton. Inutile d’essayer : je me suis alors tourner vers moi. Oui, vers moi, puisque j’étais la Martinique et mon peuple de toutes les façons. Ils vivaient en moi comme je vivais en eux. Ils étaient déjà tous présents en moi. 

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