Les émotions d’adultes

On dit que l’éducation d’un enfant est en réalité un bouclier pour l’aider à faire face au monde extérieur.


Aujourd’hui dans ce 3e volet des chroniques hors pair, on continue à passer en revue mon année à Londres à travers un aspect sur lequel j’aimerais vous faire réfléchir : les émotions d’adultes (partie 1) et le monde extérieur (partie 2).

La vie d’enfant …


A une certaine période, chacun a un peu compris le fonctionnement des autres, y compris les enfants. Les routines se sont installées, tout va bien. En principe. Parce qu’en réalité Ella me fatigue à un point inimaginable, je me retrouvais dans des états de frustration avancée…
Entre les grosses crises de caprices parce qu’elle ne veut pas partager les jouets de son frère avec son frère (oui oui …), son refus de nous raconter ses journées d’école et ses grosses crises dépressives parce que sa meilleure amie ne veut plus jouer avec elle, franchement sa vie d’enfant était dure à gérer, autant pour elle que pour ses parents et moi (remettons aussi les choses dans leur contexte, il y a des jours où je voyais leur maman à bout de solutions, parce que contrairement aux mamans antillaises, elle n’est pas du genre à menacer ses petits de prendre une «  pala-viré » pour les canaliser). Et comme si ce n’était pas assez, elle mettait mon autorité à rude épreuve. Elle a clairement et rapidement capté que quand ses parents sont là, mon autorité se rapproche de 0 … donc elle m’ignore. Ouais, Ella 5 ans, m’ignore volontairement quand ses parents sont là. Je parle dans le vent. Je ne sais pas pour vous mais moi ça m’irrite de ouf… alors œil pour œil dent pour dent ! J’ai moi aussi décidé de l’ignorer.

La tactique


Souvenez-vous, Ella est une petite fille très sensible qui demande énormément d’attention. Alors à chaque fois qu’elle m’ignorait, je l’ignorais en retour le lendemain. Entre la sortie d’école jusqu’à l’arrivée des parents, c’était un ange. En revanche une fois que la famille était au complet c’était une vraie peste ! Alors je mettais sournoisement mon plan en oeuvre en accordant beaucoup plus d’attention à son frère, en lui donnant visiblement beaucoup d’amour et le félicitant pour chaque petit truc bête. Ça lui mettait un coup de barre car d’habitude très énergique, elle ne rigolait et ne parlait plus beaucoup. Ça donnait parfois lieu à des comportements irrationnels de sa part, et elle finissait punie dans sa chambre à la suite d’une énorme crise, toute aussi irrationnelle !  Et moi, l’air de rien, je me retrouvais enfin tranquille avec Casper !


Alors oui, je sais que c’était horrible, et je le partage tout de même avec vous pour vous sensibiliser à cet aspect de l’éducation d’un enfant. La plupart d’entre vous ne se sentira pas concernée mais un enfant arrive plus vite qu’on le croit et dans une moindre mesure, on en fréquente tous par l’intermédiaire d’une tante ou d’un oncle, (cf le petit cousin que vous adorez…) Anyway.

Nous adultes


En tant qu’adulte humain, on a tendance à vouloir transférer, consciemment ou non, notre état émotionnel à l’autre. Exemple rapide, si tu as la banane, tu as envie que les gens soient heureux avec toi, c’est normal et compréhensible. Ça fonctionne aussi dans le sens inverse malheureusement. Quand quelqu’un n’est pas content, il n’est pas rare d’entendre « non mais tu vois pas que je ne suis pas d’humeur là ?! » avec un air menaçant et un accent antillais bien gras …

Le risque avec ces automatismes, c’est qu’on ne fait pas tous la part des choses quand il y a un enfant dans les environs. Lorsque l’on a la responsabilité d’un enfant dans nos mains, c’est la vision du monde entier qui change. (La prochaine chronique abordera ce thème plus en détails !). Il faut faire et surtout REfaire attention à tout : nos paroles, nos intonations, nos gestes, nos tenues vestimentaires, les repas, les gens …bref.
Lorsqu’un enfant nous teste, lui transmettre notre frustration, notre colère ou autre émotion ou sentiment négatif, est la pire façon d’agir, car tout cela imprègne votre petit et vous le savez bien, avec un enfant il y a toujours un effet boomerang. Si ce n’est pas compensé ou rectifié assez tôt, de l’animosité/du ressentiment se développent tout doucement dans l’inconscient et puis on se retrouve avec des adultes qui ne fonctionnent pas bien.

Little tips

Franchement, la clé c’est la co-mmu-ni-ca-tion avec votre petit ! Lui expliquer les choses de façon simple (pas toujours facile je sais), s’assurer qu’il a compris et l’inviter à s’exprimer sur les choses qui ne vont pas. Par exemple avec Ella, ce qu’on a fait, c’est que quand elle sent qu’une « crise irrationnelle » arrive, elle ne devait pas la laisser s’échapper à coup de cris ou de gestes débiles, qu’elle vienne nous voir et qu’elle nous dise « je ne me sens pas bien/je me sens en colère mais je ne sais pas pourquoi, est-ce que tu peux m’aider ? ». Dans ce cas, on lui donne beaucoup d’amour et puis basta, l’affaire est close. D’ailleurs elle a fini par arrêter ce type de crise.


Pour expliquer mon geste, inexcusable cela dit en passant, eh bien je pense qu’il me fallait tout simplement du recul. J’en parlais aussi avec Létu-Carotte Tomate qui a également des articles sur le blog (n’hésitez pas à aller voir ses derniers posts ici). On discutait beaucoup sur ces aspects de notre enfance qu’on a maintenant oublié mais dont on a besoin pour saisir pleinement l’impact qu’on a sur un petit. Je me suis donc rendue compte de cette bêtise assez tôt heureusement (pas plus d’un mois). J’ai trouvé d’autres méthodes pour lui faire comprendre les choses.


Je vous le dis, s’occuper à temps plein d’un enfant ça ne devrait pas s’improviser. Si vous envisager l’existence de minis-vous, lisez sur ce sujet, et discuter avec d’autres personnes. Ça vous enlèvera une première épine du pied.


Voilà la première partie de cette chronique est terminée. Vous retrouverez la deuxième partie sur le thème du Monde extérieur le mois prochain et les précédentes chroniques ici !

Je vous laisse avec l’annonce d’un événement qui va bouleverser le cours paisible de mes aventures prochaines : quelques mois après avoir commencé mon rôle de fille au pair, les parents m’ont annoncé qu’un 3e enfant était attendu … Jizus !!!!!!

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Citronimous